Newsletter de 12-2022

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 Muriel vandenbempt

COURSE AU LARGE

Primonial, un nouvel Ocean Fifty prend forme

De retour en Bretagne après sa troisième place dans la Route du Rhum-Destination Guadeloupe, Sébastien Rogues a pu se reconcentrer début décembre sur son prochain Ocean Fifty dont la construction est confiée à Multiplast

 

 

 

 

Construit dans les moules d’Arkema, ce nouveau Primonial sera mis à l’eau au printemps prochain avec en ligne de mire la Transat Jacques Vabre 2023, dont le Baulois est le tenant du titre. Explications avec le skipper et Yann Penfornis, directeur général de Multiplast.

 

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© Muriel Vandenbempt.

 

Après trois saisons passées sur Primonial, plan Verdier mis à l’eau en 2009 (ex Actual et Réauté Chocolat), Sébastien Rogues changera de braquet en 2023, puisqu’il disposera d’un Ocean Fifty flambant neuf. “Les discussions étaient déjà avancées avant la Transat Jacques Vabre 2021. Gagner la course avec Matthieu (Souben) a convaincu mes partenaires de basculer sur ce projet de nouveau bateau.”


Après avoir choisi d’utiliser les moules d’Arkema 4, le plan Romaric Neyhousser de Quentin Vlamynck, le skipper a d’emblée opté pour Multiplast lorsqu'il s’est agi de se mettre en quête d’un chantier : “Ça fait plus de dix ans que Dominique Dubois et Yann Penfornis m’ont fait visiter Multiplast et que je me dis qu’on va faire un bateau ensemble. Déjà à l’époque de mon Class40 Engie, je leur avais demandé des devis, ça n’avait finalement pas abouti. L’opportunité ne s’est présentée qu’aujourd’hui, c’est tout naturellement que je les ai sollicités quand j’ai eu le feu vert de mes partenaires, comme un juste retour des choses.”


Sauf qu’au mois de juin, le chantier vannetais était bien occupé. “L’enjeu sur Primonial a été de caler un planning serré, confirme Yann Penfornis. Au moment où Sébastien a passé commande, nous avions l’Imoca de Boris Herrmann en cours de finition, celui de Yoann Richomme en pleine construction, sans oublier les derniers Class40 à sortir. Mais nous voulions vraiment travailler ensemble, parce qu’en plus d’être un bon marin, Sébastien est un bon mec, qui fonctionne avec une équipe resserrée, et avec qui le contact est très direct. Nous avons fini par trouver une solution qui a satisfait tout le monde.


Course contre la montre.


Pour tenir les délais d’une participation à la Transat Jacques Vabre 2023, Multiplast a ainsi sous-traité la construction de la coque centrale et des flotteurs à Fibre Mechanics, à Lymington (Angleterre), avec qui le chantier a noué des liens privilégiés depuis la construction des VO65 pour la Volvo Ocean Race en 2013. “Mais la confiance n’exclut pas le contrôle, si bien que Romain Bigot, en charge du projet Primonial chez Multiplast, assisté d’Ollivier Bordeau, notre responsable de production, ont pris un abonnement sur le ferry Caen-Portsmouth afin de suivre pas à pas les grandes étapes de la construction !” ajoute Yann Penfornis.

En parallèle, la fabrication des bras a été confiée par Sébastien Rogues à Magma Composites, l’ensemble du puzzle arrivant en cette fin d’année chez Multiplast, à Vannes. Toutes les pièces ont été contrôlées par ultrasons afin de débuter l’assemblage de la plateforme. Après le calage de la coque centrale, des bras arrière et avant, viendra le greffage des flotteurs puis de la poutre de barre d’écoute. Un assemblage d’environ 18 000 heures qui mobilise une douzaine d’opérateurs, en plus des trois personnes du bureau d’études pour interpréter les plans de Romaric Neyhousser et dessiner les pièces custom.


Qu’attend le skipper de son nouvel Ocean Fifty, qui sera fini au printemps prochain ? “Je ne vais pas tout de suite aller beaucoup plus vite qu’Arkema, répond-il. Je pense en revanche que l’ergonomie est source de performance, même si elle n’est pas quantifiée par les VPP. Avec l’expérience de trois saisons en Ocean Fifty, je sais exactement aujourd’hui comment je veux être positionné en veille, à quelle distance de mes winches et des afficheurs… Je veux vraiment développer une stratégie de confort pour la performance.”

 

COURSE

Sun Fast 30 OD : Multiplast et Jeanneau main dans la main

Multiplast et Jeanneau ont annoncé début novembre s’associer pour la production et la commercialisation du Sun Fast 30 One Design (ex Carboman 30), monotype de 30 pieds dont les premiers exemplaires verront le jour à la fin du printemps 2023. Explications avec Yann Penfornis et Paul Blanc, directeur général de Jeanneau, rencontrés lors du Nautic de Paris.


Pouvez-vous nous raconter comment vous vous êtes rapprochés ?


Paul Blanc : Depuis le début, ce projet nous intéressait, même si nous n’avions, à l’origine, pas décidé de nous positionner dessus. Finalement, nous avons commencé à en discuter dans le groupe en milieu d’année, avec cette idée que nous pourrions industrialiser la production de celui qui s’appelait encore le Carboman 30. En tant que patron de la marque Jeanneau, j’ai alors levé la main en disant que je trouvais que ce projet avait du sens, mais au sein de la gamme Sun Fast, car il correspondait à la philosophie de la gamme qui est d’offrir à des amateurs les sensations de la course au large à un prix relativement accessible. Nous avons commencé à sérieusement échanger avec Multiplast au Grand Pavois en septembre, ça a ensuite été très vite, puisque nous nous sommes mis définitivement d’accord le 8 novembre, la veille du départ de la Route du Rhum !


Yann Penfornis : Ce qui nous a plu, c’est que dès le début, vous avez été très transparents avec nous en édictant clairement les deux points sur lesquels vous ne vouliez pas lâcher. Le premier, c’est que vous souhaitiez que le Carboman 30 soit un Sun Fast, le deuxième, c’était l’utilisation de la résine Elium, développée par Arkema. Ce qui a été un argument de plus pour nous, parce que ça nous permettait de cocher une des cases sur laquelle nous ne répondions jusqu’ici pas totalement au cahier des charges, à savoir l’aspect « sustainability ». Le fait de fabriquer le bateau avec une résine recyclable était un vrai plus, d’autant qu’au même moment, au Salon de Cannes, le groupe Beneteau présentait son First 44e construit avec cette résine. Ce qui était très rassurant pour nous, c’était la preuve que dans ce domaine, on n’en était plus au stade du projet.

 

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 © Multiplast / Jeanneau.

 

Concrètement, comment va s’articuler le projet entre vous ?


Yann Penfornis : Nous terminons les outillages pour les livrer en début d’année. Dans le même temps, nous communiquons aux équipes Jeanneau tout le travail que nous avons pu faire sur les identifications des fournisseurs, nous sommes en train de procéder au passage de témoin. Maintenant, c’est au tour de Marc Vaillier (qui a notamment été chargé de la production des Figaro Beneteau 3) et de son équipe de Cheviré, près de Nantes, de jouer.


Paul Blanc : Il y a une vraie équipe très motivée chez nous, l’usine de Cheviré va redémarrer avec ce projet. C’est l’usine historique de Jeanneau Techniques Avancées, qui a développé beaucoup de protos dans les années 1980-1990, a ensuite servi à faire quelques Sun Fast et les Figaro Bénéteau 3. Nous voulons aujourd’hui l’orienter vers les petites séries, les bateaux de compétition, mais aussi tout ce qui est écoconception, ça a donc beaucoup de sens d’intégrer ce projet à Cheviré avec quelques vieux loups de mer d’exception ! Nous allons par ailleurs mettre à disposition tout notre réseau de distribution, 200 concessionnaires à travers le monde, au service de la commercialisation, avec le support de Louis Vaquier, chez Multiplast, qui est dédié à 100% à ce projet.


Quelles sont justement vos ambitions en termes de commercialisation ?


Paul Blanc : Nous avons aujourd’hui 25 commandes fermes (*), qui correspondent à ce que nous allons réussir à produire d’ici la fin de l’année 2023. L’objectif ensuite est de s’inscrire dans un rythme de production qui nous permettra de faire une cinquantaine de bateaux par an, et on saura accélérer si besoin. L’ambition à plus long terme est de faire au moins de 200 à 300 exemplaires pour cette série, il faudra pour cela que la classe s’anime, que des flottilles se développent.


Yann Penfornis : Il y a de bonnes fées autour du berceau de ce Sun Fast 30 OD. Le fait d’avoir à l’origine du projet des yacht-clubs comme l’UNCL, le Rorc et le Storm Trysail Club, qui organisent des courses, nous aide bien. A côté de ça, nous travaillons sur des règles de classe avec l’objectif de contrôler les coûts de ce bateau qui, dans sa version one design, sera vendu au prix de 142 500 euros, autour de 100 000 euros pour la version club.

(*) 35 à l’issue du Nautic de Paris

EN BREF

  • SOLIDSAIL/AEOLDRIVE. Les Chantiers de l’Atlantique ont présenté le 9 décembre l’intégralité du mât de 66 mètres (pour 2 mètres de largeur) du projet SolidSail/AeolDrive, autour duquel œuvre un consortium d’entreprises bretonnes, composé de Multiplast, CDK Technologies, Lorima, SMM et Avel Robotics. Multiplast est par ailleurs chargé de la fabrication de la voile de 1 000 m2, 100% en composite, qui équipera ce premier mât destiné, dans un objectif de décarbonation du transport maritime, à la compagnie de transport Néoline.
  • ROUTE DU RHUM. Encore une belle édition pour les bateaux construits chez Multiplast ! En Ultim, c’est une très grosse satisfaction puisque les trois premiers ont été fabriqués en totalité ou en partie dans les ateliers de Vannes : le Maxi Edmond de Rothschild (Charles Caudrelier), SVR Lazartigue (François Gabart, coque centrale) et Sodebo Ultim 3 (Thomas Coville). En Imoca, à noter le très bon comportement pour sa première transat du nouveau V and B-Monbana-Mayenne (coque et pont), cinquième avec Maxime Sorel aux commandes.
  • IMOCA. Dernière ligne droite pour le nouvel Imoca de Yoann Richomme : Paprec Arkéa, dessiné par Antoine Koch avec le cabinet Finot-Conq, est désormais assemblé et en phase de peinture chez Multiplast, il sera mis à l’eau début février 2023 pour le skipper, auréolé d’une deuxième victoire de suite sur la Route du Rhum en Class40 !
  • GUNBOAT 80. Alors que le premier Gunboat 80, est en cours de finition à La Grande Motte, les équipes de Multiplast ont enchaîné avec le deuxième exemplaire : les cloisons ont été livrées cet automne au chantier méditerranéen, tandis que vient de démarrer la construction du roof, qui sera terminée à la fin de l’hiver.
  • RECRUTEMENT. De nouveaux postes sont à pourvoir à partir de début 2023 chez Multiplast qui recrute en CDI à Vannes un responsable atelier, un responsable projets et un technicien bureau d'études (H/F). Pour postuler, c'est ici !

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© Multiplast

DANS LE GROUPE CARBOMAN

Projet Opticarb : cap sur le recyclage des composites carbonés

Donner une seconde vie aux fibres en carbone, c’est tout l’enjeu du programme Opticarb, dans lequel s’investit Multiplast aux côtés de l’entreprise toulousaine Alpha Recyclage Composites. Maeg Lehoux, ingénieure en matériaux composites chez Multiplast, nous explique ce projet R&D, qui s'inscrit dans une logique d’économie circulaire.

Quelle est la genèse du programme Opticarb ?

La production de pièces en fibres de carbone coûte cher et consomme beaucoup d’énergie. Détruire et enfouir ce matériau sans rien récupérer ni recycler, comme on le fait encore aujourd’hui, est un non-sens écologique et économique. Nous avons conscience des problèmes environnementaux liés à l'utilisation des composites et des efforts à faire pour en réduire l’impact, notamment à travers la mise au point de matériaux recyclés. Nous avions déjà touché concrètement à cette problématique lors de la construction des moule des AC75 d'Ineos, le défi britannique pour la Coupe de l'America. Les règles de la Coupe imposaient d'utiliser 10% de produits recyclés que le team de Ben Ainslie nous avait fournis. Nous avions alors constaté que le produit était très absorbeur de résine, mais l’entreprise avait la volonté de poursuivre les efforts R&D dans cette voie-là.

En quoi consiste ce projet ?

Après cette première expérience, Alpha Recyclage Composites nous a contactés en octobre 2020 pour rejoindre la filière de recyclage qu’ils mettaient en place autour de la vapo thermolyse, en Occitanie. Ce procédé n’utilise ni solvants, ni produits chimiques. Il permet, par l’action combinée de la chaleur et de la vapeur d’eau, de décomposer le matériau composite et de récupérer la fibre carbone bien séparée de la résine, tout en conservant ses propriétés mécaniques. Tout l’intérêt réside dans l’utilisation de pièces déjà fabriquées qu’on recycle pour revenir à de la fibre carbone à l’état de fibres courtes, ce qui permet donc de boucler la boucle.

Quel est le rôle de Multiplast dans l’émergence de cette filière de recyclage ?

Le chantier a rejoint ce projet en tant que qu’utilisateur final. Il se situe à l’interface du consortium mis en place autour de ce projet Opticarb. Nous avons fourni un moule d’Imoca, celui de l’ancien Arkéa Paprec mis à l’eau en juillet 2019, à Alpha Recyclage Composites. Sur son tout nouveau site de Castelsarrasin (82), ce spécialiste du recyclage re-fabrique des fibres non tissées, à partir desquelles chez Multiplast, dans le cadre de ce programme expérimental de recherche, nous infusons ce nouveau matériau avec nos résines d’outillages. Ces éprouvettes sont ensuite transmises à l’IMT Mines d’Albi qui en mesure le taux de fibre et en analyse les propriétés mécaniques.

Quelles perspectives d’avenir envisagez-vous ?

D’ici la fin de l’année, nous ambitionnons de fabriquer un vrai outillage de quelques mètres carrés à partir de ces fibres recyclées, une petite pièce à valeur démonstrative qui montre la voie pour le recyclage de moules à plus grande échelle. Selon les prévisions d’Alpha Recyclages Composites, ces outillages à base de tissus recyclés seraient 20% moins chers, à performance égale, que de la fibre neuve, pour trois à huit fois moins d’émissions de tonnes équivalent CO2 (*). Ce serait un grand pas pour gagner en cohérence économique et environnementale !

(*) La tonne équivalent CO2 est un indice créé par le GIEC (groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) qui permet de comparer et cumuler les impacts des gaz à effet de serre (GES) sur l’environnement.

VOS CONTACTS


MULTIPLAST : Yann Penfornis Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. / +33 (0)6 12 05 86 97

 

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