Newsletter 2021-10

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Le Class 30 OD un nouveau défi pour Multiplast

MONOTYPE

Le Class 30 OD, un nouveau défi pour Multiplast

 

VPLP Design et Multiplast ont remporté début septembre le concours d’architecte lancé par l’UNCL, le Rorc et le Storm Trysail Club pour concevoir et construire le futur Class 30 One Design, monotype école destiné à rendre la course au large accessible au plus grand nombre. Un beau défi de production en série pour le chantier vannetais.

 

 

Ce projet de Class 30 One Design est né au début de l’année du côté de l’UNCL, comme l’explique Yves Ginoux, son vice-président : "Quand A.S.O. a annoncé qu’il n’y aurait pas de Tour Voile en 2021, on a pris contact avec eux pour leur proposer une solution de redémarrage avec l’esprit d’origine. Finalement, ils ont choisi de travailler avec Normandie Evénements, mais nous avons continué à réfléchir à un bateau idéal pour l’apprentissage de la course au large. En discutant avec nos amis du Rorc, on s’est rendu compte qu’ils réfléchissaient exactement au même sujet, nous avons donc travaillé ensemble pour lancer un appel à projets au mois d'avril."


L'initiative a un certain écho, puisque les deux yacht-clubs sont dans la foulée contactés, depuis l’autre côté de l’Atlantique, par le Storm Trysail Club (STC). Ce dernier, qui dispose de douze bases de formation aux Etats-Unis, désire en effet se joindre également au projet. Le duo devient trio, le jury pour sélectionner le meilleur projet, se composant dès lors de quatre membres de l’UNCL, de trois du Rorc et du commodore du STC.

 

class 30 od61

© VPLP

UN MONOTYPE ACCESSIBLE FINANCIEREMENT

 

Le cahier des charges du Class30 One Design est simple : un monocoque monotype de 30 pieds, capable d’accueillir 5 à 6 membres d’équipage, accessible financièrement. Il est ainsi annoncé à moins de 100 000 € avec une version régate en option, dotée d’un mât carbone, d’une cuisine et d’une table à cartes, ainsi que des ballasts.

Suite à l’appel à projets, les trois clubs ont reçu 25 dossiers, 8 ont été présélectionnés avant d’être réduits à 3, le duo VPLP-Multiplast sortant vainqueur après un grand oral. Ce qui a fait la différence ? "D’abord une véritable réflexion architecturale de fond. C’est un détail, mais VPLP a par exemple été le seul à prendre en compte des éléments post-Covid, en prévoyant notamment dans le cockpit des emplacements moulés pour les six gourdes de l’équipage, histoire de ne pas les mélanger. Ensuite, parce qu’il y avait très clairement une vraie réflexion sur la dimension industrielle avec Multiplast."


Car l’objectif, après une pré-série de 3 à 5 bateaux qui devrait sortir début 2023, est de passer, dès rapidement, à une production d’un exemplaire par semaine, Yves Ginoux n’hésitant pas à évoquer des… centaines de bateaux à travers le monde ! "Nous avons reçu de très nombreuses marques d’intérêt de nombreux clubs, en France et à l’étranger, commente le vice-président de l’UNCL. Mais également de marins qui vont faire la Mini Transat et estiment que le Class30 OD peut être un très bon pas intermédiaire avant de passer au Figaro ou au Class40. C’est une cible que je n’avais pas identifiée et vu le dynamisme de la classe Mini, c’est très intéressant." Et l’intéressé de promettre des solutions de financement attractives, évoquant "des discussions avancées" avec des partenaires potentiels pour financer la classe et/ou le circuit de courses mis en place parallèlement.

MULTIPLAST SEDUIT D'ENTREE

Du côté de Multiplast, le défi a séduit d'entrée, le chantier ayant vite accepté la proposition d’association de VPLP Design. "C’est quelque chose de différent de ce que l’on fait d’habitude, on est en général plus dans le prototype, explique Yann Penfornis, le directeur général. Mais on a quand même une expérience dans le domaine de la production de série - on a fabriqué 95 paires de foils de Figaro Beneteau 3 - et on sait faire de la gestion de projet ambitieux. Tout ça, en plus du respect mutuel qui nous lie avec nos voisins de VPLP, nous a encouragés à nous lancer dans cette aventure."


Le planning des semaines à venir s’annonce donc dense. "Il faut encore avancer dans la définition du bateau avec VPLP, puis, il faudra sélectionner le chantier constructeur avec lequel nous allons travailler, car si la construction sera supervisée par Multiplast, le Class30 OD ne sera pas fabriqué chez nous, nous allons sous-traiter pour répondre aux impératifs de production en série et de maîtrise des coûts", poursuit Yann Penfornis. Qui ajoute : "Nous avons recruté la personne qui sera chargée du projet; cela demande un gros travail de suivi avec de nombreux déplacements pour garantir un bon déroulé de projet."

 

 © Anne Beaugé / Ilsaimentlamer.com

  © Anne Beaugé / Ilsaimentlamer.com

 

COURSE AU LARGE

Le Clak40, une nouvelle vision du Class40

La Class40 n’en finit plus de séduire : entre les éditions 2018 et 2022 de la Route du Rhum, c’est au total une grosse vingtaine de nouveaux bateaux qui devraient avoir vu le jour. Parmi eux, le nouveau Clak40, conçu et construit par le tandem VPLP Design/Multiplast, attire les regards.


Le premier exemplaire a été mis à l’eau début septembre pour le skipper italien Andrea Fornaro. Un mois plus tard, c’est au tour Nicolas d’Estais, de faire de même. L’ancien ministe dit à propos de son nouveau bateau : "Il a clairement été conçu pour être le plus compétitif possible sur la Route du Rhum. Tout est fait pour qu’il soit imbattable au portant VMG, entre 12 et 25 nœuds de vent."


Chez VPLP, c’est Daniele Capua qui a été chargé du projet : "La recherche de puissance est différente de ce que l’on connaît dans d’autres classes, comme l’Imoca, notamment à cause de l’absence de foils. On s’est du coup beaucoup attachés à limiter la traînée, réduire la surface mouillée du bateau et la surface de flottaison. Nous avons cherché à ce qu’il y ait plus de puissance à l’avant qu’à l’arrière, afin qu’il soit agile dans une mer désordonnée. Par ailleurs, les lignes de carène sont plus équilibrées pour mieux faire travailler la quille fixe, à largeur égale."


"En limitant la surface mouillée, il n’y a plus besoin de gîter pour faire démarrer le bateau, ajoute de son côté Nicolas d’Estais. Le Clak40 est peut-être moins puissant que ses rivaux mais en limitant la traînée, il gagne en dynamisme à haute vitesse."

 

Baptême du feu sur la Jacques Vabre

 

Cet équilibre général, Yann Performis, directeur général de Multiplast, et Antoine Lauriot Prévost, architecte chez VPLP, ont pu le constater lors du convoyage du Clak40 d’Andrea Fornaro entre La Trinité-sur-Mer et Lorient : "Lorsqu’une risée arrive, on prend normalement un coup de gîte et le bateau a tendance à lofer, explique le premier. Là, il continue tout droit, reste très équilibré et accélère. Ça surprend !" Le second poursuit : "Grâce à son étrave toute plate, on a l’impression de glisser, notamment au portant, ce qui est très agréable lorsqu’on est à la barre."


Autre spécificité du Clak40 : la faible quête du gréément "afin que le bateau soit le plus équilibré possible, du coup, le mât est plus en arrière que sur les autres Class40", explique Antoine Lauriot Prévost. La géométrie du pont a également été optimisée, avec un volume de roof marqué. "C’est un bateau typé pour les transats, l’allure au portant et la mer formée, même si on a essayé de ne pas dégrader la performance sur mer plate", précise l’architecte.


Andrea Fornaro ayant décidé de ne finalement pas participer à la Transat Jacques Vabre, c’est le tandem Nicolas d’Estais-Erwan Le Draoulec (Emile Henry x Happyvore) qui étrennera le Clak40 en course. Deux autres exemplaires en construction sont attendus au printemps 2022 : l’un pour William Mathelin, l’autre pour un propriétaire qui ne souhaite pas encore l’annoncer publiquement. Et ce n’est sans doute pas fini : VPLP et Multiplast espèrent bien que ce nouveau Class40 taillé pour le large saura convaincre de futurs propriétaires.

 

 

EN BREF

  • DISNEYLAND. Multiplast dans l'univers de Mickey ! Disneyland Paris a en effet fait appel à l'expertise du chantier pour rénover les toits du... château de la Belle au Bois Dormant. Une équipe de quatre ouvriers-prototypistes a ainsi été dépêchée sur place pendant deux mois et demi jusqu’à fin septembre.
  • SEA BUBBLES. Les deux prototypes des Sea Bubbles Limousine, bateaux taxis pouvant transporter jusqu'à 8 personnes (voir notre newsletter précédente), dont la construction a été confiée à Multiplast, suivent leur cours : après la fabrication des moules, le chantier produit actuellement coque, cockpit et rood qui seront livrées en fin d’année.
  • SOLIDSAIL. Le démonstrateur de 38 mètres de haut SolidSail, gréement à balestron équipé d’une voile rigide en composite de 550 m2, a été installé sur le site des Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire le 26 août dernier. Ce démonstrateur représente la partie haute d’un des trois gréements, destinés à équiper des navires de croisière à l'horizon 2025.

  • RÉSULTATS. Pour la deuxième fois consécutive, le Maxi Edmond de Rothschild, construit par Multiplast, s'est imposé en temps réel (et en catégorie Ultime), sur le Fastnet. Les skippers Franck Cammas et Charles Caudrelier feront partie des favoris de la Transat Jacques Vabre Normandie-Le Havre qui s'élance le 7 novembre. Une course sur laquelle le chantier sera bien représenté : trois autres Ultimes - SVR Lazartigue (coque centrale), Sodebo Ultim 3 et Actual Ultim 3 (coque centrale) - et trois Imoca - Fortinet-Best Western, Groupe Apicil et Prysmian Group - ont en effet été construits en partie ou intégralement à Vannes, tandis que trois Imoca sont munis de foils made in Multiplast : Fortinet-Best Western, MACSF et 11th Hour Racing Team-Alaka'i.

 

 

 

flying whales project © Flying Whales

 

DANS LE GROUPE CARBOMAN

Le Groupe Carboman accélère dans l'aérospatial

Avec d’importants projets en cours, le Groupe Carboman passe à la vitesse supérieure dans le domaine de l’aérospatial. Entretien avec son Président, Dominique Dubois, membre du Gifas (Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales)..

Le Groupe Carboman travaille actuellement sur un important projet spatial, pouvez-vous nous dire de quoi il s’agit ?

Multiplast fabrique effectivement des éléments structurels d’un lanceur de satellites pour des entreprises européennes opérant dans le domaine spatial. Nous avons livré les premiers il y a quelques jours et nous livrerons les prochains mi 2022. Nous sommes très contents d’être associés à ce projet car c’est notre première commande significative dans le domaine spatial et nos premières pièces qui iront dans l’espace. Le marché du « new space » est actuellement en plein devenir avec une compétition intense entre Européens et Américains qui lancent des satellites par centaines, qu’il faudra à un moment renouveler. L'objectif est de construire des petits lanceurs capables de diminuer par 30 le prix du kilo déposé en orbite. Pour Multiplast, c’est un enjeu industriel à échéance de cinq ans.


Côté aéronautique, vous avez travaillé par le passé sur le projet Solar Impulse - avec Décision SA - et sur l’avion électrique Alice - avec Multiplast -, mais vous avez été contactés pour des projets à échelle industrielle, là encore…


Oui, un grand acteur de l’aviation civile française a commandé à Multiplast la fourniture de pièces composites pour un nouvel avion, qui, lui aussi, peut nous ouvrir des perspectives industrielles très intéressantes et un développement conséquent de notre chiffre d’affaires. Pour revenir sur Alice, dont nous avons réalisé le fuselage des premiers prototypes pour notre client Eviation - il va réaliser son premier vol avant la fin de l’année -, le business plan, à terme, c’est 100 avions par an ! Nous espérons bien continuer à travailler avec eux, ce qui signifierait un important "ramp up" pour réaliser cette production en série. Parallèlement, nous avons été retenus pour faire les études d’un plan porteur (de 25 mètres sur 25) d’un énorme dirigeable de 200 mètres de long pour 60 de diamètre, Flying Whales, qui sera construit dans les années qui viennent. Les perspectives, une fois de plus, sont ambitieuses.

Le Groupe Carboman travaille actuellement sur un important projet spatial, pouvez-vous nous dire de quoi il s’agit ?

Aujourd’hui, les activités aéronautiques et aérospatiales représentent 30% de notre business, elles commencent à être reconnues par les acteur du secteur, qui nous sollicitent sur des projets concrets et nous commandent la réalisation de pièces. Maintenant, le travail de fond que nous menons est de ne pas rester au stade du prototype ou du démonstrateur, comme cela a été le cas jusqu’ici, mais vraiment de se lancer sur de la production de série.

Vous êtes membre du Gifas, pourquoi ?

Le Gifas m’a effectivement approché pour me proposer d’intégrer le comité aéro-PME, au sein duquel je représente des PME qui font du composite un peu atypique et ont une forte activité de R&D. Nous essayons de porter des messages aux grands donneurs d’ordre que sont Airbus, Dassault, Safran, Thalès… Les « petits » ont besoin d’avoir des assurances pour garantir leurs investissements, donc j’essaie de comprendre les attentes des grands et de voir ce qu’il faut faire pour travailler avec eux. C’est très riche en matière d’échanges.


Yann Penfornis : +33 2 97 40 98 44 / +33 6 12 05 86 97

"If your dreams don't scare you, they are not big enough"

Adresse

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Parc du Golfe
       24 Allée Loïc Caradec
       56000 VANNES
       France

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Ouvrage à consulter

repousser-les-limites